, Actuaire - Responsable Technique ADP

“ Aujourd'hui mon métier est davantage un métier de management et de coordinateur technique plus que celui d'un actuaire très opérationnel. ”

Avis déposé le 21/10/2012

Note globale : ★★★★

Intérêt du métier ★★★★★

Diversité des missions ★★★★

Perspectives d’évolution ★★★★★

Responsabilités ★★★★

Equilibre vie pro / privée ★★★★★

Ma carrière :Après un début de carrière dans le conseil auprès des régimes obligatoires de retraite par répartition, j'ai intégré l'équipe d'actuaires de Groupama Vie au sein de laquelle j'ai surtout mené des études techniques sur la souscription en retraite et en assurance collective, l'inventaire et le début des travaux sur l'embedded value (concept qui prenait sont ampleur dans le fin des années 90), puis j'ai rejoint le Marketing pour une courte période en tant que chef de produit retraite (individuelle et collective) au sein de la Direction "métier" assurance vie de Groupama-Gan.

Après Groupama j'au encore un bref passage dans le Conseil aux entreprises (Deloitte) et j'ai ensuite eu l'opportunité de rejoindre Suravenir, filiale d'assurance vie du Groupe Crédit Mutuel Arkea, en tant que responsable actuariat.

J'avais donc en charge, avec une équipe d'une dizaine de personnes, l'ensemble des missions qu'un actuaire peut avoir à mener : tarification de nouveaux produits individuels et collectifs, différents travaux d'inventaire, politique de réassurance, sélection et tarification médicale en assurance emprunteurs et prévoyance, implication dans l'évolution des systèmes d'informations, coordination des missions techniques avec les autres équipes de la compagnie et de la maison mère (assurance emprunteurs et services crédits …), etc… J'ai notamment pu amorcer les travaux d'implémentation des systèmes de modélisation prospective nécessaires à la mise en œuvre du pilier 1 de Solvabilité II aujourd'hui.

Fin 2006, j'ai rejoint Verlingue en tant que Manager des équipes de Support Transversal et Analyses techniques. C'est un peu l'équivalent en terme de missions d'un Responsable Actuariat ou d'un Directeur Technique de Compagnie d'assurance.

Mon équipe (presque 20 personnes aujourd'hui) à en charge la plupart des missions transversales en assurance de personnes, en soutien de notre force technico-commerciale.

Notre principal objectif est de garantir la fiabilité des éléments de reporting que nous réalisons pour nos entreprises clientes et pour les assureurs pour lesquels nous sommes intermédiaires.

Nous sommes en charge du partage efficace des informations techniques et participons activement à la formation des équipes et à la mise en place d'outil ou de process permettant de rendre nos collaborateurs du "front-office" plus efficaces et pertinents sur l'ensemble des sujets assurance de personnes, que cela concerne l'actuariat, les aspects juridiques, les aspects de gestion opérationnelle.

Mon équipe a également la charge du paramétrage de nos solutions sur-mesure dans les systèmes informatiques et la responsabilité de l'encaissement des cotisations pour le compte des assureurs.

Nous sommes également actifs et force de proposition sur l'ensemble de la maîtrise d'ouvrage informatique des systèmes de gestion déléguée (infocentres et outils de "business intelligence", cotisations, prestations, extranets client…)

Mon parcours s'est toujours articulé autour de l'assurance de personnes à ce jour.

Ma formation :J'ai suivi un parcours en prépa scientifique après un Bac C, complété d'un passage à l'université. J'ai ensuite passé le concours d'entrée en école d'actuariat. J'ai ainsi poursuivi mon parcours à l'EURIA, l'institut d'actuariat de Brest, dont je suis sorti en 1996 (5ème promotion). Nous étions très peu nombreux dans la promo (13) ce qui permettait un approfondissement de l'enseignement assez exceptionnel et extrêmement profitable.

Ce que j'ai surtout apprécié dans cette formation est l'aspect pluridisciplinaire.

A la sortie du Bac, j'avais le choix entre la prépa scientifique, prépa HEC ou Lettres Sup'.

Et j'avoue que je ne savais pas quoi choisir. J'ai pris la direction des sciences alors qu'en réalité je pense (a posteriori) qu'une prépa HEC m'aurait mieux convenue.

 En actuariat, j'ai retrouvé un bon équilibre entre les matières scientifiques et les matières dites de sciences humaines (droit, langues), ainsi que des matières plus orientées vers le commerce ou l'économie.

 A mon sens, c'est cela une des grandes forces de la formation d'actuaire : une vraie rigueur mathématiques et des réflexes scientifiques complétés par une réelle compétence et une forte ouverture sur des matières parfois tout aussi techniques mais souvent éloignées de la sphère scientifique pure.

 On retrouve souvent chez les actuaires ce profil de personnes, douées en maths, moins en physique, et attirées par l'économie, le droit, le marketing, l'informatique.

Mon métier :Aujourd'hui mon métier est davantage un métier de management et de coordinateur technique plus que celui d'un actuaire très opérationnel.

 Je dois intégrer les grandes idées sur des problématiques techniques complexes, mettre mon équipe en ordre de marche pour traiter ces sujets en les aiguillant et en leur prodiguant les conseils sur les pistes à suivre, la méthodologie.

 L'aspect transversal de mon poste impose une réelle capacité de vulgarisation sur des sujets parfois très complexes au service du conseil au client et de l'information ou la formation interne sur les sujets les plus techniques.

 Le travail en équipe avec des personnalités et profils très différents (gestionnaires, commerciaux, techniciens, informaticiens) est prépondérant. Une bonne communication est essentielle.

 C'est donc à la fois abstrait d'un point de vue analytique et très concret ensuite, ce qui fait qu'il y a en permanence une prise avec la réalité, une culture du résultat qu'attend le client.

Attraits du métier :Précisément ce que je viens de décrire : pluridisciplinarité, communication, pragmatisme avec comme matière première la nécessité de savoir conceptualiser "scientifiquement" des sujets liés aux risques d'assurance de personnes, aux besoins des DRH face aux engagements sociaux de nos clients.

Ce qui est réellement appréciable c'est de pouvoir concrétiser ce que l'on a pu imaginer : l'actuariat est réellement une discipline de sciences appliquées.

Points négatifs :Pas réellement sinon j'aurais changé de métier !

Ce que je redoute ce sont les évolutions du métier qui pourraient contribuer à éloigner certaines fonctions de la réalité.

Je crois que tout technicien expert ne doit pas se réfugier dans sa tour d'ivoire et garder les pieds sur terre.

Tout le mouvement de la profession autour de Solvabilité 2, par exemple, constitue une formidable opportunité pour la jeune génération d'actuaires de mettre en pratique grâce à des outils de plus en plus performants leurs compétences en modélisation statistique et mathématique.

Ils ne doivent pourtant pas oublier les fondamentaux économiques de l'industrie pour laquelle ils travaillent et ne pas dédaigner ni méconnaître les aspects commerciaux, les contraintes de gestion opérationnelle, les attentes du client qui doit rester au cœur de leurs préoccupations car précisément les normes financières visent aussi à protéger les intérêts du public.

Sans cela, ils risquent d'appliquer des modèles sans en comprendre en profondeur la finalité, et l'on peut craindre les conséquences d'une telle approche à la lumière de l'actualité sur la crise financière.

Il faut donc se garder de jouer aux apprentis sorciers et savoir toujours revenir aux "fondamentaux". J'interviens ponctuellement à l'Euria désormais en tant qu'enseignant et c'est le message que j'essaye de faire passer aux étudiants : soyez très bons sur votre expertise mais restez humbles et veillez à rester abordables et compréhensibles, c'est la clef de votre réussite et celle de notre profession : pratiquez sans retenue l'adage "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement" et restez pragmatiques.

C'est d'ailleurs un concept qui rejoint les théories de l'optimisation, que nous étudions en actuariat : on optimise évidemment ses ressources et les moyens d'arriver à son but en étant capable de se faire comprendre et de créer l'adhésion en mobilisant les autres autour de son projet !

Qualités requises pour réussir dans ce métier :Rigueur scientifique, honnêteté intellectuelle, curiosité et ouverture d'esprit.

Evidemment un excellent niveau général et particulièrement dans les matières scientifiques.

Une bonne communication et une grande ouverture d'esprit sont aujourd'hui essentielles à mon sens pour réussir dans les nouveaux défis proposés aux actuaires.

Conseil aux candidats intéréssés par ce tyupe de métier :La formation d'actuaire est toujours très sélective et c'est un métier atypique tant par sa "confidentialité" que par la diversité des opportunités qu'il ouvre dans le monde professionnel.

Il faut en avoir conscience et respecter cet héritage tout en étant ouvert aux autres professions et formations de ses collègues de travail.

Je conseille cette orientation à des jeunes étudiants ou étudiantes qui se sentent attiré(e)s par les sciences et par le secteur des services (conseil, banque, assurance) et qui veulent parallèlement une prise avec le concret, une ouverture sur d'autres disciplines en lien direct avec le fonctionnement de l'économie et de la société au sens large.